Réfection du port de plaisance d’Andernos les Bains

 

Le port de plaisance d’Andernos est situé à l’embouchure du Bétey.

Ce site a été utilisé par l’Homme depuis la nuit des temps, probablement d’abord comme abri pour les bateaux des pêcheurs du Bassin, et comme source d’eau douce. Les vestiges préhistoriques (outils en silex, restes de plats en argile…) retrouvés sur les rives du chenal du ruisseau témoignent de cette activité très ancienne. Un port ostréicole y a existé longtemps, avant la construction du port près de l’église Saint Eloi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le port de plaisance actuel a été construit en 1967,  avec un passage sous-terrain du ruisseau busé sur environ 100m juste en amont du port, et la mise en place de palplanches métalliques pour réaliser les parois des quais.

 

 

              

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces parois sont depuis plusieurs années dans un état de dégradation avancé, avec des risques d’écroulement qui menacent la sécurité des plaisanciers et des promeneurs. Un précédent projet de travaux d’aménagement prévoyait un doublement de la capacité d’accueil en détruisant une grande partie de la plage boisée sur les 2 rives. Ce projet a été heureusement abandonné au profit d’une réfection plus simple qui pourra accueillir comme aujourd’hui 150 bateaux, mais en respectant les normes actuelles de sécurité (pontons d’accès flottants en remplacement des échelles) et avec les équipements d’un port moderne (accès à l’alimentation en eau douce et électricité pour les bateaux, réceptacles pour les eaux noires, WC publics…)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le précédent projet avait fait l’objet d’une enquête publique, et nous y avions apporté notre contribution critique. Mais l’ampleur des travaux prévus pour le nouveau projet n’obligerait pas formellement à réaliser une telle enquête. Le Syndicat Mixte des Ports du Bassin d’Arcachon (SMPBA) en charge du projet a donc fait en 2019 une simple « demande d’examen au cas par cas préalable à la réalisation éventuelle d’une évaluation environnementale» selon l’article R. 122-3 du code de l’environnement. Et il a obtenu de la préfecture la même année, sans consultation du public, la décision que ce projet ne soit pas soumis à la réalisation d’une étude d’impact environnemental. Cette décision a été facilitée par le fait que le projet a été présenté de façon très incomplète, en négligeant  notamment de considérer que le port est construit à l’embouchure du Bétey et en oubliant aussi de mentionner l’existence d’une ancienne cuve de carburant enterrée qui doit être éliminée…Le projet ne traite pas vraiment  des risques de pollution du ruisseau et des plages voisines de part et d’autre du port liés à l’enlèvement des sédiments sur une largeur d’environ 10m   pour l’élargissement du port sur la  rive gauche afin de permettre l’installation des pontons flottants et conserver la capacité de manœuvre des bateaux dans le port.

Nous n’avions pas été informés du dépôt du dossier remis en 2019 à la préfecture, et n’en avons eu connaissance que tardivement.

 

 Nos inquiétudes portent donc sur 2 points principaux :

          1/ l’absence de prise en compte de l’existence du ruisseau dans le projet, et donc de la préservation de la continuité biologique entre le milieu d’eau douce et le milieu marin. En effet comme tous les ruisseaux du Bassin il existe de nombreux échanges entre ces écosystèmes, et notamment les alevins d’anguilles (appelées « civelles » ou « pibale » selon les régions) qui, après leur naissance dans la mer des Sargasses (au larges des Antilles) et une dérive par le courant du Gulf Stream, remontent dans les cours d’eau européens pour s’alimenter et grandir avant de repartir à l’âge adulte (dizaine d’années) pour se reproduire en traversant l’océan atlantique. D’autres espèces de poissons tels que les mulets, le flet (« carrelet ») l’athérine (« trogue ») recherchent leur nourriture à l’exutoire des cours d’eau dans le Bassin d’Arcachon. Nous demandons que le nouvel exutoire du ruisseau ne perturbe pas ces échanges qui se font actuellement entre le ruisseau et les eaux du Bassin.

          2/ les risques de pollution pendant les travaux : terrassement des sols et sédiments potentiellement contaminés depuis l’origine du port, extraction de la cuve de carburant enterrée à l’embouchure…Nous demandons que les plus grandes précautions soient prises pour empêcher toute dispersion de matières polluantes dans le port et sur les plages à l’entour.

 

Nous avons bien sûr écrit au SMPBA fin 2020, avec copies à la préfecture, à notre députée et à la mairie d’Andernos pour leur faire part de nos inquiétudes. Nous avons été invités à 2 réunions de présentation du projet destinées à nous rassurer sur ces sujets, et nous avons demandé des écrits pour obtenir des garanties sur la bonne réalisation des travaux indispensables au respect de l’environnement et de la vie aquatique du ruisseau…..